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La masturbation n'est pas que manuelle !

Se masturber, c'est se donner du plaisir à soi-même en stimulant ses organes génitaux à l'aide de la main ou d'un objet. Elle se pratique seule ou de façon réciproque avec un ou-une partenaire.

On sait depuis Freud et certainement bien avant que les tout-petits enfants se caressent les organes génitaux parce que cela leur procure du plaisir. Puis entre 5 et 9 ans, vient la période de latence où la sexualité est un peu en sommeil.
Pendant des siècles on a culpabilisé les gens en leur disant par exemple qu'ils deviendraient sourds ou aveugles s'ils se masturbaient. C'est absurde et complètement faux ; ce n'est en rien nuisible pour la santé.

A l'adolescence, qui commence entre 8 et 13 ans chez les filles et entre 9 et 14 ans chez les garçons, la sexualité est alimentée par des fantasmes (les petites histoires qu'on se raconte à soi-même) ; la masturbation étant alors un compromis entre les désirs sexuels, et la peur ou l'impossibilité de les réaliser. Il faut la vivre sans culpabilité comme une étape avant une relation affective partagée avec l'autre.

C'est un phénomène universel qui concerne tout le monde, garçons comme filles, et qui fait partie des expériences de tout adolescent. Les filles seraient cependant moins adeptes que les garçons.
C'est un sujet très personnel qu'il n'est pas facile d'aborder même avec les copains. Certains ados se masturbent plusieurs fois par jours surtout quand ils découvrent leurs possibilités sexuelles. Il n'y a pas de norme en la matière. Bien sûr la décence et la loi interdisent de le faire en public.

Beaucoup plus rarement, du fait de graves difficultés psychologiques personnelles ou d'une répression de la masturbation par l'entourage, son absence totale ou son apparition très tardive peuvent traduire, plus souvent que les masturbations très fréquentes, un problème nécessitant des soins.

La masturbation fait partie du jardin secret de tout adolescent et même des adultes comme en témoigne l'enquête sur la vie sexuelle en France parue récemment en Mars 2002 qui nous révèle que pour nombre d'hommes (plus que de femmes) la masturbation est complètement intégrée à leur vie quotidienne. Qu'ils aient ou non des partenaires, c'est une pratique banalisée et dénuée de toute culpabilité qui est un des versant de leur sexualité.

Gilles Schuller, Psychiatre le 08/10/2002

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