imprimer l'article

Contre l'excision...

Ca existe, c'est justifié par rien du tout, sinon le respect d'obscures traditions ravalant concrètement la femme au rang d'objet sexuel. Ca s'appelle l'excision et il faut en parler pour que ça bouge.

On différencie trois types d'excisions de la moins à la plus grave :
- l'excision du prépuce et de la partie extérieure du clitoris
- l'excision totale du clitoris, des lèvres qui l'entourent et du prépuce
- l'infibulation, qui est l'excision totale plus la fermeture par couture de la vulve...
En pratique, 80% des excisions sont celles du clitoris et des lèvres (deuxième type) quand l'infibulation représente 15 %...

La situation en Afrique
L'excision est directement liée à l'Afrique car c'est là qu'elle est la plus pratiquée. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en activité dans 28 pays ! Cela touche entre 100 et 130 millions de femmes aujourd'hui sur ce continent... et chaque année ce sont 2 millions d'enfants en plus qui font face au risque. D'un point de vue strictement démographique, les femmes de Somalie, à Djibouti et au Soudan sont les plus excisées... La situation en Ethiopie et au Mali est aussi préoccupante bien que moindre.
On parle souvent de justification "religieuse" mais c'est en réalité totalement faux... Comme bien souvent on fait dire ce qu'on veut à la religion. C'est uniquement culturel, une bonne vieille tradition en somme ! Les gros arguments "pour" avancés sont notamment :
- la promesse de préserver une femme avant le mariage car elle sera moins "sexualisée"
- une meilleure fertilité après le mariage bien que ce soit en réalité le contraire !
Ca montre bien, encore une fois, que la "tradition" n'est pas forcément une bonne chose en soi qu'il faut défendre à tout prix. Quand c'est une pratique obscure et dangereuse, ça n'a tout simplement pas de sens...

L'excision en France, ça existe ?

Oui, l'excision est une triste réalité dans notre pays. Malgré la présence d'au moins 30 000 femmes et fillettes excisées en France, le sujet reste douloureusement tabou.
L'interdiction de cette pratique, les premières condamnations, la possibilité de recourir aux services d'aides à l'enfance, ou l'existence du numéro vert 119 (violence écoute), les premières associations font que les choses évoluent doucement. Trop doucement pour les 10 à 20 000 petites filles originaires d'Afrique qui, selon les associations, courent le risque d'être excisées.
La Loi en France ne fait pas de différence entre l'excision et les autres mutilations. L'excision est donc passible de la Cour d'Assises, ce qui devrait déboucher sur de très lourdes peines. C'est de plus en plus le cas, mais il est délicat de juger des personnes ayant des coutumes et des traditions différentes des nôtres, et très souvent ignorant la gravité de leurs actes.
En tous les cas big-up pour une association, le GAMS (Groupe des Femmes pour l'Abolition des Mutilations Sexuelles) qui bosse pour soutenir celles qui en ont besoin et sensibiliser la communauté africaine. Il s'agit de femmes africaines et françaises qui travaillent ensemble.

tasanté.com le 08/01/2003

Envoie ton témoignage !

S'inscrire