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Les mineures, la contraception et l'IVG, quel bilan ?

Depuis janvier 2002 la pilule du lendemain est délivrée gratuitement aux jeunes filles mineures. L'accord parental n'est plus obligatoire pour pratiquer une IVG depuis mai 2002. Ces 2 mesures ont-elles modifié ton comportement ?

Pas vraiment… La consommation de pilule du lendemain (Norlevo® ou Vikela®) a augmenté de 72% en un an. Mais trop de jeunes filles l’utilisent comme une contraception normale et n’ont pas compris qu’il s’agissait d’un recours de secours en cas d’oubli de contraception et/ou d'accident de capote. Nombreuses sont aussi celles qui la prennent trop tard, réduisant à néant l’effet de cette contraception d’urgence à la base efficace à 75% seulement… Intervient aussi un autre problème : Certains pharmaciens refusent de délivrer ces pilules gratuitement aux mineures. Soit parce qu’ils ignorent la loi, soit parce qu’ils ne l’approuvent pas.

Plus de 6000 IVG sont pratiquées chez les mineures chaque année. C’est dire si la contraception est une chose mal connue ou mal comprise… Un bon nombre de fille croient qu’elles ne peuvent pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel, lors des règles ou si elles font l’amour dans l’eau… Un plus grand nombre encore n’a aucune idée du fonctionnement de la pilule et la prend de façon assez fantaisiste. Avec la loi qui permet d’éviter le consentement parental pour pratiquer une IVG, c’est vrai qu’il y a moins de drames personnels et familiaux, en bref il y a donc de moins en moins de filles qui ne disent rien par peur d’affronter leurs parents et laissent leur grossesse évoluer jusqu’au jour où elles ne peuvent plus la cacher… Mais il y a encore des progrès à faire ! Certaines filles se présentent à l’hôpital ou dans les centres de planification familiale avec une grossesse avancée. Rappelons que la loi fixe la limite à 12 semaines. Seule la technique par aspiration est alors possible et certains médecins refusent de la pratiquer sur des mineures sans autorisation des parents à cause des risques de l’anesthésie générale. Il faut aussi savoir que plus la grossesse est avancée et plus l’avortement est dangereux.

Que faire quand tu prends un risque ?
Si tu as fait l’amour sans préservatif et que tu ne prends pas la pilule, il faut prendre la pilule du lendemain dans les 72 heures maxi qui suivent le rapport. (Pour mémoire tu risques d’être enceinte mais aussi d’avoir chopé des MST.)

Que faire si tu es enceinte ?
Tu as donc fait un test le plus vite possible, c’est à dire dès le 1re jour de retard des tes règles. Tu te rends ensuite dans un centre de planification familiale ou à l’hôpital ou tu auras une consultation médicale et une consultation psy avant l’intervention. Plus tu t’y prends tôt et plus tu auras le choix de la méthode, moins l’intervention est risquée et moins tu risques d'attendre. Si tu as choisi de te passer de l’autorisation de tes parents, l’Etat prend en charge l’opération et les consultations à 100%. La seule obligation qui t’est faite et d’être accompagnée par un majeur de ton choix (famille, ami, voisin etc.)

Et pour ne pas recommencer ?
Plus de la moitié des mineures qui se font avorter subissent une ou plusieurs autres IVG… ça paraît dingue mais la première fois ne sert donc pas de leçon… Si ça t’arrive, il faut donc te procurer ensuite une contraception fiable comme la pilule et t’en faire expliquer le fonctionnement très clairement. Tu peux te la procurer de façon anonyme et gratuite dans un centre de planification familiale. Pour mémoire la pilule ne protège pas des MST. Aussi l’idéal est la combinaison pilule+préservatif qui a aussi l’avantage de faire prendre conscience à ton copain qu’une fille ne tombe pas enceinte toute seule et qu’il a aussi sa part de responsabilité dans la survenue d’une éventuelle grossesse…

tasante.com le 19/08/2003

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