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baillement, comment ça marche???

Je bâille, tu bâilles: on est fait pour s'entendre!!!

Bailler, voilà bien un comportement banal que chacun d'entre nous peut expérimenter. Dans l'Antiquité, on pensait que le bâillement était destiné "à évacuer la fièvre de l'organisme à la manière d'une cheminée évacuant la fumée". En dépit de sa facilité d'observation, le bâillement n'a donc pas fait l'objet d'études scientifiques approfondies jusqu'aux années 1980, ce qui est tout de même surprenant pour un comportement aussi répandu.

Pour les spécialistes, le bâillement est déjà présent chez les reptiles et les oiseaux , on le retrouve bien sûr, chez les mammifères. Sur le plan anatomique, il fait intervenir les muscles respiratoires (diaphragme, muscles intercostaux) mais aussi les muscles de la face et du cou.

Bâiller est involontaire, c'est donc un réflexe. Son contexte d'apparition est varié. Le bâillement augmente lorsque le sujet somnole soit parce qu'il est fatigué soit à l'approche de l'endormissement . Le réveil semble propice à l'association bâillements étirements (observez vos animaux familiers...).

L'ennui et plus généralement, une baisse de la vigilance, favorisent les bâillements: ceux qui squattent les fonds de classe près des radiateurs connaissent bien le phénomène. La grossesse, un repas copieux et bien arrosé , ou à l'inverse le jeûne augmentent également la fréquence des bâillements.

L'un des aspect les plus frappant du bâillement réside dans sa contagion. Cette dernière n'existerait que chez les humains. Un bon bâilleur dit le dicton en fait bâiller au moins sept. Mais qu'est ce qui peut bien expliquer cette contagion, cette capacité à faire bâiller l'autre alors qu'il n'en a pas à priori envie?

Dans une étude récente parue dans la revue Cognitive Brain Research, un psychologue de la Drexel University de Philadelphie, Steven Platek a projeté à des sujets des films montrant des individus en train de bâiller. Le chercheur a ensuite noté que parmi les sujets visionnant ces films certains baillent (il y a donc bien un phénomène de contagion) alors que d'autres restent impassibles. A l'aide de tests psychologiques l'auteur a ensuite montré que les sujet sont d'autant plus sensibles à la contagion qu'ils sont capables d'empathie. L'empathie est la capacité à éprouver ce que ressent l'autre, à se mettre à sa place.

En schématisant, la contagion du bâillement serait le privilège des gens sympas alors que les autres, les impassibles ne seraient pas doués pour développer des liens sociaux.

A quand des tests de sélection basés sur le bâillement pour l'embauche ou pour trier ses vrais amis ?

Bruno Michaud - Docteur en Neurobiologie le 08/01/2004

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