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IVG : loi et réalité

C'est déjà assez stressant de se poser la question : dois-je le faire ou pas... Alors pour pas te prendre plus la tête on te donne tous les détails utiles pour savoir où en est l'IVG en 2010.

Est-ce que je suis libre de choisir d'avorter ?
Toute femme en France a le droit d'interrompre ou non sa grossesse. Personne ne peut l'obliger à poursuivre sa grossesse si elle ne le souhaite pas. Personne ne peut non plus l'obliger à avoir recours à une IVG si elle souhaite poursuivre sa grossesse, quel que soit son âge. Tu peux donc décider seule, tu n'as besoin ni de l'autorisation de ton copain ou conjoint ni de celle d'un médecin.

Et si je suis mineure ?
Une mineure doit normalement avoir l'accord de tes parents pour pratiquer l'IVG. Mais comme c'est parfois difficile, voire dangereux, il est possible de faire appel à un adulte référent qui la soutient pendant toute la procédure : un proche, un ami, voire même un travailleur social. Donc si une fille se retrouve seule, un membre du planning familial peut  faire office d'accompagnateur. Pour que cela se passe au mieux, il faut contacter le centre du planning familial le plus proche dès la découverte de la grossesse.
Il existe une consultation sociale obligatoire. Et les frais de l'IVG pourront être pris en charge par l'Etat.

Délai pour avorter et démarches à suivre
Depuis juillet 2001, une IVG peut être légalement pratiquée en France jusqu'à la 14e semaine après le début des dernières règles (soit jusqu'à 12 semaines de grossesse).
Il faut prendre rapidement contact avec un hôpital public ou une clinique privée qui pratique les IVG. Il est aussi possible de consulter le médecin de son choix.  Dans ce cas il/elle est  obligé de donner une information sur les méthodes, de donner un "dossier guide" avec des adresses et des infos pratiques.
Il y a évidemment une consultation médicale préliminaire qui est obligatoire.
Une mineure doit aussi consulter un(e) conseiller(e) ou un(e) assistant(e) social(e).
Ensuite, une seconde consultation médicale est obligatoire : un délai de réflexion d'une semaine est imposé entre la 1ère et la 2e consultation (En cas d'urgence, ce délai est ramené à 2 jours).
Passées les 14 semaines depuis les dernières règles, une IVG est illégale.
En pratique il est assez courant et conseillé de s'adresser directement à un planning familial pour éviter les retards et les difficultés, donc n'hésite pas !

J'ai dépassé le délai légal, je fais quoi ?
D'abord, il arrive que certains médecins refusent malgré tout de pratiquer l’IVG à partir de 12 semaines car c’est plus dangereux. Mieux vaut donc s’y prendre le plus tôt possible.
Certains pays européens ont des limites légales plus souple, après 14 semaines. En général le planning familial renvoie vers des adresses à l'étranger pour celles qui ont dépassé le délai légal Français. Lors d'une prise de conscience tardive de la grossesse, ou d'une hésitation à se décider ou si les services sontdébordés, la durée légale peut vite être dépassée (notamment l'été…). Donc des solutions officieuses sont souvent apportées par nos voisins espagnols, anglais ou néerlandais qui acceptent un délai légal de 24 semaines (22 semaines de grossesse). Attention, ça ne veut pas dire que c'est facile pour autant car ils n'acceptent pas tout non plus !

Ca consiste en quoi ?
Il existe 2 méthodes légales d'IVG : par médicament ou par technique instrumentale (opération sous anesthésie locale ou générale). La technique choisie dépend du médecin qui juge de ton état de santé et de l'avancement de la grossesse : l'IVG médicamenteuse est ainsi réservée aux femmes n'ayant pas dépassé 5 semaines de grossesse (7 semaines depuis le début des dernières règles). Depuis 2004, cette méthode peut être réalisée avec le médecin ou le gynéco et il n'est plus obligatoire d'aller à l'hôpital.
Pour tout connaître dans le détail consulte cet article sur les méthodes.

Ca coûte combien ? Qui paye ?
L'avortement médicamenteux coûte 257 euros à l'hôpital et 190 euros chez le médecin ou gynécologue. L'avortement par méthode chirurgicale coûte entre 190 et 275 euros : le prix varie en fonction de l'anesthésie (locale ou générale) et de la durée d'hospitalisation. Dans la majorité des cas, une hospitalisation de moins de 12 heures est suffisante.
A savoir : la sécurité sociale prend en charge 80% des frais de l'intervention et certaines mutuelles peuvent rembourser le reste. 
Les mineures peuvent bénéficier d'une prise en charge financière totale par l'Etat.

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Va voir aussi :
L'IVG à la maison légalisée
La loi sur l'IVG
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Dr Catherine Solano et Tasante.com le 18/03/2010

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