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Polémique sur les antidépresseurs

On parle beaucoup des risques de suicides liés à la prise d'antidépresseurs chez les enfants et les ados. Faut-il pour autant les interdire ? Que faut-il en penser ?

Rappel des risques
L'Agence européenne du médicament (EMEA) a communiqué le 8 décembre 2004 ses mises en garde concernant la prise d'antidépresseurs chez les enfants et les ados :
-Dans l'UE la prescription des antidépresseurs est déconseillée chez les patients de moins de 18 ans en raison d'une augmentation du risque de suicides.
-Cependant, lorsque la prescription est quand même nécessaire, elle doit s'accompagner d'une surveillance étroite du patient.
-De plus, l'arrêt du traitement ne doit pas se faire d'un seul coup, sans avis médical. Il doit être progressif.
Suivant l'avis Européen, l'Agence française du médicament (Afssaps) a publié un avis le 10 décembre 2004 :
-Elle rappelle que la dépression d'un enfant ou d'un ado doit commencer par (avant tout être) une prise en charge psychothérapeutique et que les antidépresseurs ne doivent être prescrits qu'en cas de dépression majeure si la psychothérapie ne suffit pas.
-En cas de prescription d'un antidépresseur, le patient doit être régulièrement suivi.

Peut-on soigner une dépression sans antidépresseurs ?
Suite à ces communiqués, le ministre de la santé Philippe Douste-Blazy a déclaré souhaiter interdire les antidépresseurs aux moins de 18 ans. C'est clair que les antidépresseurs sont beaucoup trop prescrits et qu'il arrive en conséquence que la prescription ne soit pas justifiée, ou que le suivi ne soit pas correctement effectué :
-Par exemple, un coup de blues saisonnier n'est pas une dépression et ne nécessite donc pas d'antidépresseurs.
-De plus, il arrive que des généralistes prescrivent des antidépresseurs mais sans qu'il n'y ait de prise en charge psychologique en parallèle alors que les deux approches sont complémentaires.
Mais, interdire la prescription d'antidépresseurs aux ados dépressifs, ne laisse plus le choix qu'entre deux méthodes : électrochocs ou psychothérapie...Or en situation d'urgence, la psychothérapie n'est pas suffisante, il faut pouvoir traiter rapidement avec des antidépresseurs et seulement ensuite commencer une thérapie. Le point de vue radical du Ministre étonne les psychologues et les psychiatres. Douste veut-il se couvrir ? La solution, qui, au lieu d'interdire l'outil, consisterait à réfléchir à son utilisation, est évidemment plus difficile, et plus longue. Plus courageuse aussi. On s'étonne que Douste ne l'aie pas chosie ?

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Plus d'infos :
Déprime ou dépression ?
Dossier suicide
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tasanté.com le 17/12/2004

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