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Questions sur la dépression

La dépression est relativement fréquente : une femme sur cinq et un homme sur dix ont été, sont ou seront dépressifs au cours de leur vie. La dépression est une vraie maladie, dont la gravité est réelle. Parlons-en.

Comment reconnaître la dépression ?
Elle associe plusieurs signes. Typiquement, il s'agit :
- D'une douleur morale qui est bien plus qu'une simple tristesse,
- D'une indifférence aux proches et aux événements de la vie. On parle d'"anesthésie affective.
- D'un ralentissement psychique et moteur. Psychique par la lenteur des pensées, la difficulté à se concentrer, les troubles de l'attention et de la mémoire. Le ralentissement moteur, ce sont les gestes lents, la figure à l'aspect figé, la sensation de "chape de plomb" sur les épaules.

Les symptômes physiques regroupent aussi :
- les troubles du sommeil (difficultés à s'endormir, réveils précoces en fin de nuit, somnolence le jour),
- les troubles de l'appétit (notamment pertes de l'appétit avec amaigrissement),
- la fatigue plus ou moins intense,
- la diminution du désir sexuel.
La personne atteinte de dépression se plaint souvent de sensations douloureuses diverses (maux de tête, mal au dos, douleurs abdominales).

La dépression est-elle toujours évidente ?

Non. Elle est parfois presque invisible. Les médecins parlent alors de dépression masquée, notamment chez l'adolescent où la dépression peut ne se traduire que par des troubles du comportement ou des troubles alimentaires.

Pourquoi fait-on une dépression ?
La dépression résulte de la rencontre, à un moment donné, d'un terrain (facteurs héréditaires, facteurs biologiques, facteurs psychologiques, histoire personnelle) et de circonstances défavorables : environnement, contexte (deuil, séparation, chômage), surcharge de travail...

Que faire pour s'en sortir ?
Dans tous les cas, il ne faut pas hésiter (ni tarder) à consulter son généraliste, et, suivant son avis, un psychiatre. Dans les formes graves, ou en cas de risque suicidaire, une hospitalisation peut être nécessaire. Les médicaments antidépresseurs, associés en début de traitement à des anxiolytiques (médicaments qui calment l'anxiété), permettent de rétablir une humeur "normale". Ils sont associés le plus souvent à un soutien médico-psychologique. Les antidépresseurs doivent être pris pendant au moins six mois (sinon il y a risque de rechute).Dans certains cas une psychothérapie pourra être entreprise en complément.

Que peut faire l'entourage ?

Eviter de dire "remue-toi", "secoue-toi" : ça ne sert à rien. Par contre, inviter le dépressif à consulter rapidement, l'accompagner dans sa démarche de soins, et surtout prendre au sérieux l'expression d'idées suicidaires et ne jamais les banaliser.
Si ça t'arrive, tu ne dois pas hésiter à parler de ton mal-être éventuel : la dépression n'est pas une maladie honteuse, mais une maladie comme une autre qui touche 5.5 millions de français* et qu'il faut prendre en charge précocement pour en guérir plus rapidement.


* Souce : france-depression.org

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Va voir aussi :
La dépression saisonnière
La dépression et sa prise en charge
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Francis Pradeau - Médecin des hôpitaux,Dr Catherine Solano et Tasante.com le 22/01/2009

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