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Questions sur ... la dépression

La dépression est relativement fréquente : une femme sur cinq et un homme sur dix ont été, sont ou seront dépressifs au cours de leur vie. La dépression est une vraie maladie, dont la gravité est réelle.

Francis Pradeau - Médecin des hôpitaux, le 19/12/2000

Comment reconnaître la dépression ?
Elle associe plusieurs ensembles de signes (symptômes). Typiquement, il s'agit d'une douleur morale (c'est bien plus qu'une simple tristesse), associée à une indifférence aux proches et aux événements de la vie (on parle d'"anesthésie affective"), d'un ralentissement à la fois psychique (lenteur des pensées, difficulté à se concentrer, troubles de l'attention et de la mémoire) et moteur (gestes lents, figure à l'aspect figé, sensation de "chape de plomb" sur les épaules). Les symptômes physiques regroupent les troubles du sommeil (difficultés à s'endormir, réveils précoces en fin de nuit, somnolence le jour), les troubles de l'appétit (notamment pertes de l'appétit avec amaigrissement), la fatigue plus ou moins intense, la diminution du désir sexuel.

Le dépressif se plaint souvent de sensations douloureuses diverses (maux de tête, mal au dos, douleurs abdominales). La dépression est-elle toujours évidente ? Non.
Les médecins parlent alors de dépression masquée, notamment chez l'adolescent où la dépression peut ne se traduire que par des troubles du comportement ou des troubles alimentaires.

Pourquoi fait-on une dépression ?
La dépression résulte de la rencontre, à un moment donné, d'un terrain (facteurs héréditaires, facteurs biologiques, facteurs psychologiques, histoire personnelle) et de circonstances défavorables : environnement, contexte (deuil, séparation, chômage), surcharge de travail, ...

Que faire pour s'en sortir ?
Dans tous les cas, il faut ne pas hésiter (ni tarder) à consulter son généraliste, et, suivant son avis, un psychiatre. Dans les formes graves, ou en cas de risque suicidaire, une hospitalisation peut être nécessaire. Les médicaments antidépresseurs, associés en début de traitement à des anxiolytiques (médicaments qui calment l'anxiété), permettent de rétablir une humeur "normale". Ils sont associés le plus souvent à un soutien médico-psychologique. Les antidépresseurs doivent être pris pendant au moins six mois (sinon il y a risque de rechute).Dans certains cas une psychothérapie pourra être entreprise en complément.

Que peut faire l'entourage ?
Eviter de dire "remue-toi", "secoue-toi" : ça ne sert à rien. Par contre, inviter le dépressif à consulter rapidement, l'accompagner dans sa démarche de soins, et surtout prendre au sérieux l'expression d'idées suicidaires et ne jamais les banaliser.

Donc, il ne faut pas hésiter à parler de ton mal-être éventuel : la dépression n'est pas une maladie honteuse, mais une maladie comme une autre, qu'il faut prendre en charge précocement pour en guérir plus rapidement.

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