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Viol et agression sexuelle

Même si ces actes marquent à jamais les victimes, il y a une démarche à suivre pour tenter de gérer au mieux le traumatisme.

De quoi on parle ?
Le viol est défini par la loi comme tout « acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise ». Ca inclut la pénétration vaginale, la sodomie, la fellation ou une pénétration par les doigts ou par des objets. On peut très bien être violée par son compagnon si l'on a formellement refusé un rapport sexuel.
L'agression sexuelle est plus floue et peut caractériser le fait de forcer à des actes d'attouchement, de masturbation, de prise de photos, de visionnage de film porno ou encore une tentative de viol qui n'aboutit pas...

Réagir face à un viol ou une agression sexuelle
Immédiatement
Idéalement il faudrait réagir le plus rapidement possible et pointer direct dans un commissariat après l'agression. Tout simplement parce que l'on peut alors recueillir le plus de preuves et retrouver l'agresseur. En tout cas –même si c'est la première chose que l'on veut faire- il ne faut pas se laver ou jeter ses vêtements qui peuvent porter la trace génétique de du violeur. La consultation d'un médecin qui fera un certificat attestant des traces de l'agression est aussi un passage obligé pour bien faire. Il pourra aussi prescrire des traitements préventifs contre des IST... Réagir de suite n'est pas évident mais c'est l'assurance d'une démarche plus facile par la suite. Que ça soit d'un point de vue judiciaire ou psychologique. Seulement ce n'est pas souvent le cas...

A retardement
L'état de choc, la honte (illégitime), la peur, ou vouloir faire comme s'il ne s'était rien passé pour tourner la page rapidement font qu'une victime se referme sur elle-même plutôt que de se tourner vers ses proches ou des professionnels... Légalement tu as 10 ans pour porter plainte (à compter à la date de majorité si la victime est mineure au moment des faits). Si tu te sens prête à n'en parler qu'au bout de quelques semaines, mois ou années après, dirige-toi vers une personne en qui tu as entièrement confiance ou une association d'aide aux victimes pour être soutenue dans ta démarche qui sera peut-être plus difficile sans des preuves récentes.

Se reconstruire
La reconnaissance par la justice du viol ou porter plainte (par défaut) est une condition nécessaire pour s'en remettre. Le garder pour soi ou tenter de l'enfouir, c'est jouer contre soi-même. Après la prise en charge symbolique des institutions il faut penser à sa propre reconstruction (et celle de sa sexualité). Cela se fait avec un(e) psychothérapeute la plupart du temps. Même si l'on ne peut évidemment pas effacer le traumatisme vécu, on peut apprendre à vivre avec et surtout faire en sorte que ce passé ne prenne pas une place trop envahissante dans le présent et le futur. Cela dépasse même le bien-être personnel puisque c'est aussi le rapport aux autres qui en sera changé... Bref pour réapprendre à vivre suite à ce traumatisme on doit être aidée et soutenue.

Allo Enfance maltraitée : 119 (pour les mineures)
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En savoir plus ? Le témoignage de Sabine Dardenne, victime de Marc Dutroux.-

tasante.com le 21/01/2005

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