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Contraceptions naturelles, intérêt et limites.

Le principe de la contraception naturelle, c'est de chercher à détecter les jours où une femme est fertile, c'est-à-dire les jours où les rapports sexuels peuvent être fécondants/entraîner une grossesse. Ensuite, il s'agit d'éviter les rapports sexuels ces jours-là et de faire l'amour sans rien les autres jours.

L'avantage, c'est de proposer une méthode sans médicaments, et des rapports sexuels totalement « naturels », sans dispositif mécanique ou chimique.

L'inconvénient, c'est que ce n'est pas si simple. Ces méthodes demandent un apprentissage et elles n'ont pas une efficacité aussi élevée que les méthodes plus classiques. De plus, a priori, elles imposent des jours sans rapports sexuels et ces jours peuvent durer largement plus d'une semaine par mois.
Elles peuvent donc être utiles aux femmes qui veulent espacer les naissances sans pour autant refuser une grossesse surprise, ou bien aux couples adeptes des méthodes locales (préservatif, spermicide) et qui veulent en augmenter l'efficacité en évitant les jours où les risques de grossesse sont élevés.

Quelles sont ces différentes méthodes ?
La méthode Ogino, la plus connue est un peu l'ancêtre de toutes ces méthodes. Il s'agit d'une méthode statistique. On observe trois cycles naturels de suite (pas sous pilule évidemment), et on compte le nombre de jours d'un cycle moyen. On en déduit que l'ovulation pour cette femme se situe en moyenne tel jour par cycle, et on évite les rapports sexuels une semaine avant et quelques jours après.
Le problème apparaît immédiatement, c'est que les statistiques, c'est bien, mais le corps ne suit pas toujours le même fonctionnement. On peut très bien avoir des cycles de 29 jours pendant 3 mois puis des cycles nettement plus longs ou plus cours les mois suivants. Et alors... on se retrouve à avoir des rapports non protégés le jour de l'ovulation et une grossesse survient.
L'OMS donne comme chiffres 9 % d'échecs si cette méthode est suivie parfaitement et 25 % d'échecs dans la vie réelle, ce qui est beaucoup.

La méthode des températures : elle part d'un fait intéressant à observer, c'est que la température corporelle augmente de quelques dixièmes de degrés à partir du moment de l'ovulation. On peut donc, en prenant sa température tous les matins avant de se lever, et en dessinant la courbe des températures, observer un décalage : la température monte. Et comme un ovule vit 24 heures, on estime que trois jours après l'ovulation, il n'y a plus de risque de grossesse. Les rapports sexuels sont donc possibles avec un risque de fécondation limité.
Le problème, c'est que cela ne permet pas de faire l'amour souvent. La période avant l'ovulation (pendant les règles et pendant environ 18 jours ou plus), les relations sexuelles sont à risque. Il reste donc à peine plus d'une semaine dans le cycle pour faire l'amour « sans risque ».
D'autre part, ce décalage n'est pas évident à observer : il est de quelques dixièmes de degrés seulement, et il suffit de se coucher un peu tard, de se lever plus tôt ou d'être un peu enrhumée pour que le décalage soit faussé. Et ça entraîne alors un risque de grossesse.

La méthode Billings ou observation de la glaire cervicale
Elle consiste à repérer à l'avance l'ovulation. Car avant l'ovulation, le col de l'utérus secrète un fluide très transparent, la glaire cervicale. Il ressemble à du blanc d'œuf (cru) et a pour rôle de faciliter la remontée des spermatozoïdes dans l'utérus. En apprenant à repérer ce fluide, on repère aussi les jours de fécondité maximale. Pendant la durée où ce liquide est observé les rapports sexuels sont à éviter ainsi que plusieurs jours après sa transformation en fluide plus épais.
Les bémols : il faut apprendre à reconnaître ce fluide que tu retrouves sur ta petite culotte, ou entre les petites lèvres. Un rapport sexuel sans préservatif le jour même ou la veille empêche de le vérifier puisque la consistance du sperme est proche de celle de cette glaire cervicale. La glaire cervicale peut être peu abondante chez certaines femmes ce qui fait qu'elle peut ne pas être détectée à temps.

Vite, mate la suite !

Dr Catherine Solano - Médecin généraliste et Sexologue le 11/10/2007

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