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Quel sexe sans risque de Sida pour les homosexuelles ?

La sexualité, ça nous concerne tous, y compris les personnes qui ont des relations homosexuelles. En ce domaine, on parle beaucoup des hommes, mais beaucoup moins souvent des femmes... Petite mise au point sur le safe sex lesbien.

L’homosexualité féminine est une pratique à très faible risque.
Si les hommes gays sont une population à haut risque d’IST (Infections Sexuellement Transmissibles), ce n’est pas le cas des femmes. Le risque de transmission du VIH lors de rapports sexuels entre femmes est considéré comme extrêmement faible d’après Brigitte Lhomond, sociologue au CNRS. On ne connaît que 2 cas décrits depuis le début de l’épidémie de Sida. Les femmes ayant uniquement des rapports sexuels avec des femmes, et jamais avec un homme ne sont quasiment jamais contaminées par le VIH.

Les femmes homosexuelles contaminées par le sida l’ont été par des pratiques non sexuelles.
Le plus souvent, il s’est agi d’injection intraveineuse de drogue avec partage de seringue venant de quelqu’un de contaminé, ou, au début de l’épidémie de sida, lors de transfusion sanguines (le sang n’était pas encore sécurisé). Il peut aussi s’agir de rapports sexuels avec un homme séropositif.

Quelles sont les pratiques sexuelles sans aucun risque ?
Les caresses, les baisers sur la peau ne présentent pas de risque pour le sida. Le baiser sur la bouche, les frottements corps à corps ne présentent pas de risque. Les caresses sexuelles manuelles non plus.

Quelles sont les pratiques sexuelles à risque pour les femmes homosexuelles ?
Toutes celles qui impliquent un échange de fluide sexuel au contact des muqueuses :
- L’échange de jouet sexuel, comme par exemple un sex-toy qui a été au contact des secrétions vaginales de l’une, puis introduit dans le vagin de sa partenaire.
- Le cunnilingus sans protection pendant les règles. Le contact du sang entraîne un risque. En dehors des règles, le risque est extrêmement faible.

Le risque de sida chez les homosexuelles qui veulent un enfant :
La pratique de l’insémination artificielle avec sperme de donneur si le donneur n’a pas été testé pour le sida. En effet, si cette insémination et une insémination « maison », elle présente un risque élevé. Et si le donneur est homosexuel, il fait partie d’une population à risque.

Le risque de sida est lié aux rapports hétérosexuels des homosexuelles !
Plus de 90 % des femmes ayant des rapports avec des femmes ont aussi des rapports sexuels avec des hommes. Dans une enquête américaine, seules 0,3 % des femmes homosexuelles avaient exclusivement des rapports avec des femmes. Alors, c’est dans le cadre des rapports hétérosexuels que les femmes homosexuelles courent des risques et elles en prennent plus que les autres :
- Elles ont des partenaires sexuels plus nombreux, ce qui augmente le risque.
- Elles pratiquent plus la sodomie (pratique à haut risque sans préservatif),
- Leur partenaire masculin est plus souvent à risque que celui des femmes hétérosexuelles (c’est-à-dire plus souvent séropositif, utilisateur de drogues intraveineuses, ou bisexuel)
- Elles ont plus souvent des rapports sexuels en échange d’argent ou de drogue (facteur de risque du sida)

Au total, si les femmes homosexuelles sont plus à risque de sida que les femmes hétérosexuelles, c’est par leur mode de vie générale et non par leurs relations sexuelles avec des femmes !

Sources :
- Les risques de transmission du VIH chez les femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes. Brigitte Lhomond. Sociologue, CNRS, GS «Santé» (Lyon) http://www.pistes.fr/Transcriptases/46_255.htm
- HIV seroprevalence and risk behaviors among lesbians and bisexuals women in San Francisco and Berkeley, California. Lemp G.F., Jones M., Kellog T.A., Nieri Giuliano N., Anderson L., Withum D., Katz M. American Journal of Public Health, 1995, 85, 11, 1549-1552
- Women at a sexually transmitted disease clinic who reported same-sex contact : their HIV seroprévalence and risk behaviors
Bevier P.J., Chiasson M.A., Hefferman R.T., Castro K.G.
American Journal of Public Health, 1995, 85, 10, 1366-1371
 

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Dr Catherine Solano - le 21/01/2010

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