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Viol, quelles conséquences à long terme ?

Le viol est un crime, considéré comme un des actes les plus graves qui soient avec le meurtre. Parce qu'il peut quasiment détruire quelqu'un. Alors quelles sont les conséquences à long terme d'une telle agression ?

Après un viol, la vision du monde change...
Elle se sentait dans un monde qui était beau, amical. Depuis son agression, elle se sent en permanence en danger. Elle a peur de tout. Elle sait que tout peut arriver, même le pire. Et pourtant... Ca fait 15 ans que Céline a subi un viol. 15 ans qu'elle n'a plus jamais vu le monde de la même manière.

Le viol peut entraîner une dépression profonde.
Avoir été gravement agressé dans son intimité, c'est très violent. L'humeur peut changer du tout au tout. On peut voir la vie en noir, penser à la mort et même laisser venir des idées suicidaires, ou aller juqu'à se suicider par profonde déprime.

Après un viol, la confiance peut être impossible.
Faire confiance à un homme ? Jamais ! Laurène, violée il y a 7 ans, ne veut plus jamais sortir avec un mec. "Pourtant, je sais très bien qu'ils ne sont pas tous comme mon violeur. Je le sais avec ma tête, mais mon coeur et mon corps disent non. Je ne peux pas faire confiance à un homme. C'est devenu impossible pour moi. Alors, je suis seule et pour longtemps. Je n'ai pas envie de rencontrer quelqu'un. Cette réaction ne perturbe pas seulement les relations amoureuses, mais tout simplement les relations aux autres". Car même dans son emploi, Laurène évite les hommes, et ne leur donne jamais sa confiance.

Un viol peut dégoûter de la sexualité.
Le sexe a naturellement quelque chose d'animal qui peut être une belle énergie vitale. Cependant, après un viol, la victime peut vivre cette force comme quelque chose de bestial, de violent et d'agressif. Du coup, pour elle, la sexualité est une horreur. Ainsi, même si Karine peut faire l'amour, elle se force et se trouve dégoûtée par les fluides corporel. « Je trouve tout ça dégueulasse. Quand je fais l'amour, c'est comme si je restais à distance, sans beaucoup d'émotions... » Et Armand qui a subi un viol sous la forme d'une fellation imposée affirme « J'ai souvent envie de vomir pendant l'amour. Pourtant, j'aime ma copine, mais quelque chose provoque un fort dégoût chez moi ».

Un viol peut rendre le plaisir impossible.
Parce que lorsqu'elle est stimulée mécaniquement, même sans désir, la zone sexuelle peut être excitée lors d'un viol. C'est peu connu, et pourtant fréquent. Le problème, c'est que la victime se sent atrocement mal. Elle imagine souvent que puisque son corps réagit, c'est elle qui a cherché (inconsciemment) à se faire violer. Total, elle pense : « je l'ai bien mérité ». Du coup, par la suite, elle va s'empêcher de laisser monter son excitation qui lui rappelle trop cette horrible expérience. Le plaisir sexuel devient hors d'atteinte.

Un viol peut conduire à une hyper sexualité.
Pour oublier l'agression, certaines victimes multiplient par la suite les partenaires et/ou les expériences sexuelles, allant parfois même jusqu'à la prostitution. Ca peut paraître étrange, mais le but est d'essayer d'effacer le viol en le recouvrant d'expériences multiples. Il peut aussi s'agir de chercher à prendre le contrôle de sa sexualité sur l'autre, de devenir chasseur plutôt que victime. Cette manière de réagir rend souvent extrêmement malheureux et mal dans sa peau.

Un viol peut perturber l'orientation sexuelle.
Parce qu'un viol vécu dans l'enfance entraîne une empreinte profonde, certains garçons violés sont attirés par l'homosexualité, alors même qu'ils ne l'auraient pas été sans cette agression. Ils cherchent à contrôler ce qui leur a été imposé. Pour les filles, on observe aussi parfois des conduites homosexuelles par évitement des hommes plus que par attraction par les filles.

Un viol peut entraîner des complexes sexuels.
Samuel a été violé à 8 ans. Maintenant qu'il est adulte, il a le complexe du petit pénis alors que son sexe est parfaitement normal. En réalité, il garde en tête l'image du sexe de son agresseur qui lui paraissait énorme. Il compare son sexe à cette image qui l'a traumatisé. Et il a beau savoir qu'il est normal, émotionellement, il ne peut pas l'intégrer. Le viol perturbe les repères.

Les agressions sexuelles aussi peuvent produire les mêmes effets.
Ce qui produit les conséquences, ce sont les émotions ressenties pendant et après l'agression sexuelle, encore plus que l'agression physique elle-même. C'est pourquoi une agression qui peut paraître moins importante vis-à-vis de la loi peut avoir des conséquences tout aussi dramatiques qu'un viol.

Comment guérir de ces conséquences ?
Un travail de thérapie peut être très utile pour évacuer les émotions entraînées par le traumatisme de l'agression sexuelle et leurs conséquences sur la vie psychique, amoureuse et sexuelle. Quelles méthodes de thérapies ? En priorité les thérapies comportementales et cognitives et l'EMDR

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Dr Catherine Solano et Tasante.com le 10/03/2011

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