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Te laisse pas mettre KO !

Le KO sur un ring sonne la victoire du boxeur qui l'inflige. Mais pour celui qui subit, c'est la commotion cérébrale assurée. Et ça c'est grave à court comme à long terme !

KO sur le ring comme à la ville
Boxe, rugby, football américain… de nombreuses activités physiques sont concernées par le K-O, mais la commotion cérébrale ne se produit pas que sur un terrain de sport. Il suffit d’un coup à la tête ou à la mâchoire, d’un mouvement de rotation, d’accélération ou de décélération brusque de la tête pour être touché. En France, pas moins de 100 000 commotions cérébrales ont lieu chaque année mais la perte de connaissance ne survient que dans 10 % des cas*.

C’est quoi un KO ?
KO pour "Knock Out", ça signifie avoir reçu un coup qui vous "sort du ring". En boxe, si 10 secondes après un coup, le boxeur ne peut reprendre le match, c’est un KO. Médicalement, il s’agit d’un traumatisme du cerveau provoqué par un choc, perturbant son fonctionnement pour un bref moment. C’est dû au fait que le cerveau est mou dans une boîte crânienne en os, et que le cerveau percute brutalement la paroi osseuse.
 
Les signes du KO ?
Sur le coup, les symptômes peuvent aller du malaise bref à la perte de connaissance. Et puis, à court terme, des troubles du sommeil, des maux de tête et des troubles du comportement. Mais même sans symptôme immédiatement grave, un K-O peut engendrer, surtout s’il se reproduit, des séquelles 10 ou 20 ans, voire 30 ans plus tard, avec des pertes de mémoire, une dépression, des troubles du comportement, une maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer ou ce qu’ l’on appelle la « démence pugilistique »…  30 % des boxeurs souffriraient de démence après leur carrière*.
 
L’après KO
Après une commotion cérébrale, le cerveau se trouve fragilisé pendant une période difficile à évaluer. Une seule certitude : il faut absolument éviter que le cerveau ne subisse de nouvelles lésions avant disparition totale des symptômes. On recommande un repos de 2 jours minimum qui peut parfois s’étirer jusqu’à un mois complet ou plus selon les cas. Car le « syndrome du second impact » est à risque de mortalité très élevé. Mais parce que les enjeux du sport de haut niveau sont aussi financiers, certains athlètes poursuivent le match au prix de leur vie.
 
Les enjeux du KO
Rappelle-toi François Trinh-Duc, lors de la dernière coupe du monde rugby. Victime d’un coup au moment d'aplatir un essai, il expliquait à la presse quelques minutes après coup de sifflet final qu’il ne se souvenait de rien. « Je suis encore dans les vapes, j'ai mal aux cervicales, j'ai mal à la tête, j'ai eu des nausées dans le vestiaire… On m'a raconté que j'ai marqué un essai, ça commence à revenir... ». Tout ceci confirmait qu'il avait été victime d’un KO et qu’il devait donc être suspendu pour les matchs suivants. Pourtant, quelques jours plus tard il était de retour sur la pelouse…

Les ados plus sensibles au KO !
Pour les adolescents dont le cerveau est encore plus fragile que celui des adultes. Il faut compter trois semaines d’arrêt d’activité minimum. Pas de télé, pas d’ordi, pas de jeux vidéo pendant plusieurs jours… Raison de plus pour consulter un spécialiste si, après avoir reçu un coup à la tête ou à la nuque, tu ressens l’un des symptômes suivants :
- perte de connaissance
- les convulsions
- les troubles de l’équilibre
- trouble de la vision (étoiles, vision double)
- maux de tête
- fatigue
- troubles de la mémoire
- somnolence
- troubles du sommeil
- ralentissement des idées
- irritabilité, tristesse
- impression d’ivresse,
- hypersensibilité au bruit, à la lumière



Sources :
- KO, le dossier qui dérange. Jean-François Cherman 2010. Editions stock. Voir une ITV de l’auteur :
- Think first, pensez d’abord », la fondation canadienne pour la prévention des traumatismes du cerveau.
- Heidelberg Boxing Study : Hähnel S, Stippich C, Weber I, Darm H, Schill T, Jost J, Friedmann B, Heiland S, Blatow M, Meyding-Lamadé U: Prevalence of Cerebral Microhemorrhages in Amateur - Boxers as detected by 3-Tesla Magnetic Resonance Imaging. Am J Neuroradiol 29 (2): 388-391 (2008)
- Unterharnscheidt F. A neurologist's reflections on boxing. I: Impact mechanics in boxing and injuries other than central nervous system damage. Rev Neurol 23 (121): 661-74 (1995).


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Aller plus loin :
"KO, le dossier qui dérange". Docteur Jean-François Cherman - Stocks 2010.

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Tasante.com le 27/04/2012

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