imprimer l'article

Témoignage : son combat contre le phimosis

"C'est parce que c'est encore le sujet le plus délicat du monde, que j'attaque sans honte ce puissant tabou..."

[...] "Je viens de fêter mes 24 ans, c’est la première fois depuis plus de 10 ans que je n’avais pas véritablement fêté mon anniversaire, et c’est presque en symbole de renouveau que j’ai voulu le faire. Bientôt un autre anniversaire plus personnel : celui des 5 ans du célibat le plus mal vécu qui soit. Mon corps était bien plus problématique qu’il n’y paraissait. [...]

"Mon corps me plait comme il est, je veux le garder tel quel !"

C’est ce que je répondais quand on me demandait si je voulais le percer ou le tatouer. Et c’est aujourd’hui une incomparable ironie d’apprendre que j’ai dû en faire couper le prépuce. C’est mon second anniversaire personnel, après demain ça fera 6 mois. Le problème qu’avait ce dernier n’a été vu que par moi et mon ex, avant que mon chirurgien urologue puis mon généraliste n’en fassent le constat.

Depuis la toute petite enfance, cet organe sous mon prépuce à été assimilé à la douleur. Et c’est cette idée de douleur qui m’a retenu aux âges ou on essaie de décalotter, soit dès l’enfance. Bien sûr, dès le collège je commençais à entendre que j’étais « différent » ou encore un « mec bizarre ». Et ils avaient raison, mais je ne le savais pas encore. Me faire à l’idée que je ne savais rien, découvrir le plaisir là ou je voyais la douleur, et le faire à 23 ans, m’a apporté la certitude de ne pas avoir grandi comme les autres garçons. C’est parce que ma famille ne m’en a jamais vraiment parlé, que cette situation à été possible.

"C'est parce que c'est encore le sujet le plus délicat du monde, que j'attaque sans honte ce puissant tabou..."

Durant de très longs mois j’ai été chômeur, plutôt asocial, quasiment asexué ; et je ne montrais aucun intérêt pour le travail, peu pour ma famille et mes amis. De puissantes forces me bloquaient pour envisager l’intimité ou la nudité avec le sexe opposé. J’étais de glace : froid et dur avec moi-même autant qu’avec autrui.

Aujourd’hui, sans mon prépuce, je commence à peine à accepter mon corps tel qu’il est devenu. Je suis dans les premiers jours de ma vie où je suis capable d’écrire sans détour ce que je pense, de vous le communiquer, et le tout sans que je m’en morde les doigts. J’ai simplement la profonde conviction que je dois le faire.

Mais la glace aussi a fondu, la découverte de la partie la plus attendrissante de mon corps m’a effectivement attendri. Mon cœur se réveille et le manque d’affection devient terriblement pesant. [...]

"Je me vois juste comme un pauvre homme qui a bien plus besoin d’un gros câlin que d’une folle nuit de sexe..."

Dans un monde qui -sans trop d’ironie- voudrait nous vendre du sexe en boîte et qui se prétend ouvert sur la sexualité, des hommes peuvent grandir dans l’ignorance et/ou le déni des problèmes posés par leur propre sexe (paradoxalement lui-même "en boîte" en ce qui me concerne). Personne n’en fait grand cas, je suis peut-être le premier ! Pourtant cela se fait de la dyspareunie, l’anorgasmie ou de la clitoridectomie chez les femmes. Toute ma vie j’ai vécu troublé par l’idée de la douleur sexuelle et depuis qu’un morceau en a été coupé, je sais que j’ai longtemps été privé de l’organe qui sert au plaisir. Mais je devrais me taire et vivre comme si de rien n’était ? [...]

Evidemment non. Je ne suis pas seul dans ce cas-là. Nous ne sommes pas la misère de la Somalie, ni les victimes d’un pédophile, nous ne sommes pas mourants. Nous ne sommes orphelins que d’une toute petite partie de nous-même, quand on à eu le courage de choisir entre notre prépuce ou notre tête... notre malheur est insignifiant mais il existe et le mutisme seul suffit à le nourrir.

"Nous sommes victimes silencieuses d’un agresseur immatériel nommé « tabou » et nous ne méritons pas de souffrir du vent qui souffle."

C’est donc à tous que s’adresse cette note, qu’il soit ou deviendra parent, chacun peut rencontrer ce fléau de paille et personne ne veut qu’il advienne la même chose à ses enfants. Le phimosis, rencontré chez l’adulte, n’est pas un diagnostic anodin. Rien ne justifie qu’il se rencontre à cet âge et la seule origine de ces petits malheurs n’est que le tabou que j’espère avoir efficacement contribué à combattre".

Découvre l'intégralité de son témoignage
et laisse ton message à l'auteur en commentaire de cet article !

--
Teste-toi :
Aimes-tu ton corps ?

Va voir aussi :
La plastie du prépuce, la chirurgie réparatrice du phimosis en image
Quand on enlève carrément tout le prépuce : La circoncision médicale, ça se passe comment ? En image !
Avant la chirurgie : Exercices pour assouplir le prépuce... 
Tout sur le zizi trop serré : Un phimosis, c'est quoi ?

Discutes-en :
Trace sur le forum, Jamais comme il faut (mecs)
--

Deviens Fan de Tasante sur Facebook !
Rejoins le groupe Tasante sur Skyrock !

Follow Tasante sur Twitter !

 

Mathieu Genoud le 13/09/2012

Envoie ton témoignage !

S'inscrire