imprimer l'article

Au secours des enfants maltraités

Plus de 40 000 enfants meurent ou sont gravement blessés chaque année à la suite de mauvais traitements. Dans 9 cas sur 10, ils sont infligés par leur famille.

Les lignes du "119 Allo enfance maltraitée", un n° gratuit de SOS placardé dans toutes les écoles et les centres aérés sonnent plus de 2 millions de fois chaque année : "Allô ? Il y a un petit au-dessus de chez moi, ça fait trois jours qu'il pleurait non-stop et là je ne l'entends plus...". "Allô, depuis ma fenêtre je vois dans l'appartement d'en face un bébé de 18 mois tout seul ligoté auprès d'une écuelle". La cruauté et l'imagination des adultes malades ou irresponsables est sans limite. Parfois les petites victimes appellent elles-même. Pas souvent... Parce qu'elles ont peur, parce qu'elles en sont physiquement incapables, trop jeunes ou tout simplement séquestrées. Car c'est dans la sphère familiale que s'exercent 90 % des violences. Cette année le 119 a enregistré davantage d'appels. "La mort du petit Nicolas, cet été, nous a d'ailleurs valu une énorme augmentation de demandes d'aide", explique Annie Gaudière, la directrice du 119 à une journaliste du Parisien. Dommage qu'il faille une fois de plus attendre qu'une affaire soit médiatisée pour faire réagir les gens...

Quand et où commence la maltraitance ?
La définition des mauvais traitements à enfants est contenue dans la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (article 19). Un enfant maltraité est un enfant qui subit des violences, des brutalités physiques, mentales ou sexuelles de la part de ses parents ou d'autres adultes qui s'occupent de lui. Un enfant est également considéré comme maltraité quand il est victime d'abandon, de négligences ou de privations. C'est un enfant qui connaît des conditions d'existence risquant de mettre en danger sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation ou son entretien. On y inclut également les enfants victimes de comportements plus difficiles à mettre en évidence, car ne laissant pas de trace physique : brutalités mieux contrôlées, comportements sadiques, manifestations de rejet, de mépris, d'abandon affectif, d'exigences éducatives disproportionnées...

Peu d'entre eux sont secourus à temps, faute de témoignages, faute de centralisation des plaintes, des infos, des traitements. Assistante sociale, policiers, associations de lutte contre la maltraitance... Tous travaillaient jusque là dans leur coin, sans échanger aucune info. Voilà qui va changer avec la création d'un observatoire de l'enfance maltraitée. Il s'agira d'un centre national d'analyse de tous les cas repérés d'enfants battus, agressés, abusés, brimés ou livrés à eux-mêmes. Une fois les infos centralisées et regroupées, il sera donc plus facile d'agir et d'intervenir pour sauver les petites victimes mais aussi pour poursuivre en justice les auteurs de ces violences qui restent souvent impunis. Le ministre de la famille vient également de déposer un projet de loi sur la protection de l'enfance à l'occasion de la Journée nationale de l'enfance maltraitée, le 26 septembre 2003. L'un des intérêts de cette loi est de permettre aux associations de se constituer partie civile lors des poursuites engagées contre les auteurs de violences, souvent les parents.
--
Interview d'Isabelle, Psychologue
Allo Enfance Maltraitée
--

tasante.com le 11/09/2003

Envoie ton témoignage !

S'inscrire