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Un viol comme un autre ?

Parler de son viol, c'est l'exorciser. Ca permet de pouvoir avancer et de dépasser ce traumatisme. Sabine Dardenne, victime de Marc Dutroux, vient de publier un livre-témoignage exemplaire : "J'avais 12 ans, j'ai pris mon vélo et je suis partie à l'école".

Le viol de Sabine Dardenne par Marc Dutroux a peut-être été trop exposé médiatiquement quand la majorité des autres restent anonymes. En tout cas son témoignage donne une idée des mécanismes qui régissent l'après-viol... Quelques extraits de son livre nous aident à y voir plus clair.

La culpabilité
La victime cherche toujours à donner une explication à ce qu'elle a vécu. Et elle a souvent tendance à en porter la responsabilité dès lors qu'elle se demande "pourquoi s'est arrivé à MOI ?". L'histoire de Sabine est particulière puisque déjà elle a été découverte chez Marc Dutroux alors qu'elle y était séquestrée. Mais l'apparente facilité de prise en charge du fait que toutes les preuves étaient de son côté et qu'il n'y avait aucun doute possible, elle a vécu une grande culpabilité. Elle dit même avoir du attendre 8 ans pour ne plus éprouver cette culpabilité et de la honte. 8 années durant lesquelles elle s'est renfermée sur elle-même au milieu d'une tempête médiatique.

Parfois je devais rester «dormir» à côté de lui toute la nuit dans cette maudite chambre. Je n'osais même pas m'endormir. J'avais toujours peur qu'il se réveille et recommence «ses trucs» pendant mon sommeil et que je ne puisse même plus dire «non, je ne veux pas».

En parler
Témoigner est très important puisque cela permet de s'entendre dire en réponse "tu es une victime et non responsable de ce qui t'es arrivé". Tant que l'on n'en parle pas, on n'est pas prête à entendre ce message. A partir du moment où on s'ouvre et où l'on accepte les points de vue extérieurs, on peut réaliser ce qui s'est réellement passé. Cette phase primordiale, Sabine est certainement en train de finir de la vivre...

La maison était pleine de toute la famille. Si pleine que je n'ai même pas pu m'asseoir sur le divan, il n'y avait plus de place. Je me suis assise à terre, près de la table du salon. Je demandais des nouvelles de tout le monde, j'essayais déjà de zapper, de couper même, comme on coupe au montage d'un film, tout ce qui me concernait.

Et la "thérapie" ?
Chacun trouve sa voie. Pour Sabine, c'est -pour l'instant- d'avoir d'écrit son livre. Elle a jusqu'ici refusé d'en parler à un psy. Elle l'a surtout écrit pour essayer de tourner la page et que l'on arrête de lui poser toujours les mêmes questions, encore et encore. On peut penser qu'elle a donc trouvé ses réponses. Mais très peu de femmes violées ont accès à ce type de "délivrance". La reconnaissance quand on est anonyme se termine rarement en un livre médiatisé et passe plus généralement par une psychothérapie. Tôt au tard les victimes en éprouvent d'ailleurs le besoin, ne serait-ce que pour retrouver une vie de couple normale par exemple...

Mais je voyais bien que rien n'était «normal» dans son comportement. Il était vieux, j'avais 12 ans, et il passait son temps à m'emmerder avec ses manières bizarres, c'était qui ce type? Seulement un «connard»?

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tasante.com le 21/01/2005

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