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Automutilations : de plus en plus d'ados concernés

L'automutilation, c'est le fait de se faire mal, de façon répétée, sans intention consciente de se suicider. C'est un phénomène relativement nouveau mais en augmentation chez les ados. Peut-être que des ami(e) à toi sont concerné(e)s, voire toi-même... ?

Le profil de l'automutilatrice type
On ne dispose à ce jour d'aucune donnée épidémiologique pour la France. En Grande Bretagne, on sait que 10,3% des 15-16 ans s'automutilent et que les automutilations représentent 24000 hospitalisations par an. Des données sous estimées selon les spécialistes en psychiatrie de l'adolescent. En tout cas, si l'automutilation est en augmentation ces dernières années, ce sont surtout les filles qui sont concernées. Généralement, l'automutilatrice type commence à se faire mal à 14 ans. Se faire mal, ça veut dire s'infliger plus de 50 mutilations par mois ! Le plus souvent elle s'attaque à ses poignets et à ses avant-bras (70% des cas). Elle est d'humeur morose, triste et irritable. Toutefois, son intention n'est pas de suicider mais de soulager sa souffrance.

Le piercing, une nouvelle forme d'automutilation ?
Les médecins classent les automutilations en deux catégories :
-Les mutilations compulsives comme l'arrachage des cheveux ou le fait de se ronger les ongles.
-Les mutilations impulsives comme les coupures et les brûlures de cigarette.
Et chose discutable, ils considèrent que les piercings en augmentation également, sont eux aussi une forme d'automutilation socialement admise...

Le symptôme d'une souffrance
La nature répétée des actes d'automutilations fait penser à une dépendance (comme le fait de fumer par exemple) mais les spécialistes hésitent encore à la classer ainsi. En tout cas il ne s'agit pas d'une tentative de suicide puisque les blessures, bien qu'impressionnantes, ne sont que superficielles. L'automutilation serait au contraire un moyen pour la jeune fille de se protéger et surtout de monter sa souffrance aux autres, un peu comme un appel à l'aide. Pour ces jeunes filles, cette douleur physique matérialise une souffrance psychique. Autrement dit, l'automutilation serait le symptôme d'une pathologie, par exemple d'une dépression. C'est pour cette raison, qu'il faut que l'adolescente soit prise en charge par un psy qui en parlant avec elle, essaiera de comprendre le pourquoi de cette souffrance.

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En savoir plus sur l'automutilation : l'inteview du Dr Philippe Jeammet, psychiatre spécialiste de l'adolescence.
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tasanté.com le 22/03/2005

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