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Le premier cri. Ou le tour du monde en 10 accouchements

On t'invite à la naissance de 10 bébés, moments uniques filmés ici d'une manière très poétique et pas uniquement médicale. Ici, pas spécialement de sang ou de chirurgie, mais plutôt des regards entre la maman et son nouveau-né, entre les nouveaux parents et une ambiance d'émotions intenses.

Mate la bande annonce et mets-toi dans l'ambiance...

J'ai adoré ce film qui montre un moment de la vie extraordinaire que j'ai connu en service d'obstétrique. La maman est toujours émerveillée par la première rencontre avec son bébé, et le papa ému aux larmes tout comme les spectateurs, même le gynéco en blouse bleue ou la sage femme qui a déjà réalisé des milliers d'accouchements ! Partager avec d'autres ces instants est un véritable cadeau que l'on offre aux spectateurs.

Il y a une prouesse technique derrière tout ça : pas facile d'être là au bon moment pour filmer, car un accouchement, ça ne se programme pas ; pas facile aussi d'obtenir l'accord d'une femme nomade ou d'une indienne des bords du Gange pour la filmer dans son intimité.

En plus de l'émotion, c'est un voyage autour du monde où j'ai découvert des cultures très différentes. Tu entres dans l'intimité de Mané une femme touareg, d'Elisabeth, une Dolgan du Nord de la Sibérie, de Gaby et Pilar, deux futures mamans mexicaines accouchent dans l'eau avec un dauphin, de Majtonré, une indienne Kayapo de la forêt amazonienne, de Vanessa, canadienne qui veut vivre l'accouchement totalement naturel sans aide, de Kokoya la Tanzanienne du peuple Masaï, d'une jeune femme vietnamienne qui accouche dans la plus grande maternité du monde, de Yukiko la japonaise qui accouche selon avec le médecin qui lui a donné naissance, de Sunita l'indienne qui vit au bord du Gange à Bénarès, de Sandy, une danseuse parisienne.

Le réalisateur, Gilles de Maistre, a voulu faire passer un message : « C'est une photo du monde aujourd'hui. Un instantané émotionnel, sans jugement ni leçon de morale, qui pointe un certain nombre de questions : les inégalités sociales, économiques, l'accès à la santé, l'écologie, les contradictions entre la nature et les excès du progrès, les failles et les victoires de la science. Regarder la naissance permet de s'interroger sur ces grands enjeux. Dans les pays pauvres, la naissance, doit composer avec la mort de la femme ou celle de l'enfant... Au Niger, un enfant sur trois n'atteint pas l'âge de 1 an. En France, on contrôle la naissance et on vient presque à aborder la naissance comme une maladie. »

Ce film m'a conforté dans mon opinion : la naissance naturelle, c'est bien, mais la médecine aussi ! Les femmes qui accouchent sans assistance mettent visiblement leur vie et celle de leur enfant en danger. Il suffit de voir la fierté d'un gynécologue vietnamien quand il affirme « ici, nous sauvons beaucoup de vies » pour comprendre que dans la nature, la mort côtoie la vie. J'ai apprécié de voir la réalité sans fards : voir horriblement souffrir des femmes de sociétés non médicalisées qui accouchent naturellement. La péridurale a quand même du bon !

Alors, entre dans la poésie de la naissance dès le début du film qui commence ainsi :
Selon une légende talmudique, lorsqu'un enfant nait, il possède encore le savoir ultime de ses vies antérieures. C'est alors qu'un ange apparaît et lui enjoint de tenir ce savoir secret. L'ange pose sont doigt sur la lèvre de l'enfant et à cet instant précis, le bébé oublie tout pour entrer dans la vie. Alors seulement, il peut pousser son premier cri.
Du geste de l'ange, il reste une trace, le petit creux qui dessine un fossé entre notre lèvre supérieure et la base du nez.

Et toi, tu l'as vu ? Ca te donne envie de le voir ? Donne ton avis sur le forum des fans !

Dr Catherine Solano et taSanté.com le 08/11/2007

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