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La théorie du genre sexuel au programme

Parce que des livres de SVT de 1ère L et ES expliquent l'identité sexuelle par le contexte socio-culturel autant que par le sexe biologique, 80 députés UMP demandent leur retrait. Retour sur un débat qui a fait du bruit.

Qu’est-ce qu’on trouve dans ces manuels scolaires ?
► Dans l'édition Hachette, on lit : « Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et le contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre ».
► Chez Bordas, le chapitre s’intitule « Devenir homme ou femme ».  On y explique que « l’identité sexuelle est le fait de se sentir totalement homme ou femme. Cette identité dépend d’une part du genre conféré à la naissance, d’autre part du conditionnement social (… ). L’identité sexuelle se réfère au genre sous lequel une personne est socialement reconnue. »

Pourquoi ça pose problème ?
Concrètement ça pose problème à ceux qui pensent que notre identité sexuelle est d’abord définie par nos chromosomes et notre anatomie. Dans ce cadre, le conditionnent social ne vient qu’ensuite en deuxième ligne et ne peut jouer que de manière secondaire dans la détermination du fait que l’on soit homme ou femme.
Bien sûr, il existe des personnes qui sont physiquement des hommes et qui se sentent femmes (ou l’inverse). On considérait jusqu’ici qu’il s’agissait d’une anomalie, le transsexualisme.

Dans la théorie du genre, le sentiment intérieur d’appartenir à tel ou quel sexe est plus important que l’anatomie ou les chromosomes qui sont en nous. Alors, être homme ou femme ne dépend pas de notre sexe physique, mais de notre ressenti intérieur, c’est plutôt culturel. Être transsexuel n’est plus une anomalie, mais un fait. Si cette personne se dit être une femme, c’en est une, même si son sexe physique est un pénis…La théorie du genre serait donc capable de perturber les personnes fragiles qui ne savent plus si elles sont hommes ou femmes ! Cette théorie n’est pourtant qu’une théorie, c’est-à-dire une hypothèse, et elle ne se considère pas autrement. Elle pose des questions très intéressantes sur la manière de considérer notre féminité ou notre masculinité. Sommes nous très conditionnés par notre éducation, ou plutôt par nos gènes ?

Récemment, 80 députés de droite qui ont dénoncé dans une lettre à Luc Chatel, « une théorie qui n’est pas scientifique, mais philosophique et sociologique. Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels ». En fait, dans la théorie des genres, chacun est défini par son sentiment d’appartenir à tel ou tel sexe, pas par son orientation sexuelle ni ses pratiques sexuelles.

Le point de vue de Tasanté :
S’il est vrai que l’orientation sexuelle ne regarde que la personne concernée et qu’il n’y a pas besoin d’en faire étalage en classe ou ailleurs, il n’empêche qu’on peut en discuter. D’autant que tous les jours, en lisant les questions des Tasantenautes, on est confrontés à des jeunes complètement paumés parce qu’ils rencontrent des difficultés avec leur orientation sexuelle. Alors si on pouvait, ne serait-ce que le temps d’un chapitre en cours de SVT, aborder la question de l’orientation sexuelle et la détabouiser, ça permettrait sûrement de décomplexer la sexualité et de déculpabiliser l’homosexualité. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’adolescent !



 

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Tasante.com le 23/09/2011

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