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Le Zyban

La liste des outils disponibles pour aider le sevrage tabagique accueille un nouveau venu : le Bupropion ou Zyban selon les pays.

Quelle ne fut pas la surprise des médecins américains lorsque de nombreuses personnes auxquelles ils avaient prescrit du Zyban® pour les aider à surmonter leur dépression, sont revenues les voir pour leur annoncer qu'ils avaient cessé de fumer. Etait-ce la bonne humeur retrouvée qui rendait inutile la cigarette, simple coïncidence ou autre chose ? Rapidement, la thèse de la simple coïncidence fut écartée car on sait bien que la nicotine, à long terme, n'est pas une substance dont on se débarrasse sans volonté, voire, dans certain cas, sans soutien médical.
La compagnie pharmaceutique Glaxo Wellcome a donc lancé des études pour dire si oui ou non, le Zyban®, a comme effet secondaire de réduire le besoin de nicotine.
Publiée dans le New England Journal of Medecine, l'étude commanditée par Glaxo-Wellcome a évalué à 23,1 % le taux ponctuel d'arrêt du tabac après un an chez des personnes prenant 300 mg de Zyban® par jour, contre 12,4 % chez ceux n'en ayant pas pris.
Sur la façon dont cet effet secondaire fonctionne, Francis Thompson, d'Ottawa, l'explique très bien. "Tout comme la nicotine, ce médicament a un effet sur deux types de circuits dans le cerveau : ceux reliés à la dopamine (associée au bien-être), et ceux reliés à la noradrénaline (associée à l'énergie et à la concentration). Chez le fumeur dépendant, des doses régulières de nicotine sont devenues nécessaires pour rétablir des niveaux ressentis comme normaux de ces deux substances. En adoucissant le manque de dopamine et de noradrénaline, le Zyban® soulage donc les symptômes de sevrage en s'attaquant à leur cause biologique."
Disponible sur ordonnance, ce médicament, chlorhydrate de bupropion de son petit nom, n'est pas pour autant la pilule miracle. D'abord parce que lorsque l'on n'est pas accro au tabac, que l'on ne fume pas depuis longtemps, on peut essayer d'arrêter sans support médical. Mais aussi parce que le Zyban®, tout comme les substituts nicotiniques, ne s'attaque qu'à l'aspect physique de la dépendance, alors qu'elle est aussi, bien souvent, psychologique et comportementale.

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tasanté.com le 26/10/2001

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